Sélection Essais

  • Pourquoi donc sommes-nous si accrochés à notre maigre « je » ? Pourquoi refusons-nous d'accepter les leçons les plus radicales de la neuroscience ou de la psychologie cognitive à propos de notre « identité » ou de ce que nous aimons à considérer comme notre « libre arbitre » ? Quel mal y aurait-il à accepter que nous soyons le résultat de déterminations qui nous dépassent - et que nos choix ne soient que des colifichets ayant pour seule fonction de nous rassurer ? Dans Lost Ego, François De Smet répond à toutes ces questions de la meilleure manière qui soit : en mettant le doigt sur les peurs qui continuent à nous voir nous accrocher à des reliques de notre « moi » en miettes et que nous refusons de regarder en face. Non, nous n'existons pas - mais c'est précisément parce que nous n'existons pas que nous pouvons trouver le moyen de vivre. Seuls, et surtout ensemble.

  • Ramsès II a presque soixante ans lorsqu'il tombe amoureux au premier regard d'une jeune princesse dont il fait aussitôt son épouse : voici le premier « coup de foudre » historiquement attesté. Trois mille ans plus tard, Stendhal, qui trouve l'expression ridicule, en convient : « La chose existe ». Aujourd'hui, elle est loin d'être remise en question ! Mais comment s'explique cette mystérieuse et soudaine attirance entre deux êtres ? Par la sensibilité ou la science (des atomes crochus? ou des phéromones) ? Le surnaturel (la flèche de Cupidon? ou l'intervention du Malin) ? Une pure attraction physique ou un phénomène chimique ? Si le coup de foudre conserve toute sa part de mystère, Jean Claude Bologne en donne une lecture aussi inattendue que pertinente. En s'appuyant sur de nombreux récits empruntés à l'Histoire, à la légende et à la littérature, son enquête soulève au passage un passionnant paradoxe : notre époque cultive l'individualisme, la sécurité et le rationnel, mais elle ne rêve que de passions « enchaînantes », de surprises et de risques?

  • 365 jours de réflexions d'un homme public ! Loin des sentiers battus, dans un livre « politique » inclassable, l'auteur, à travers ses souvenirs d'enfance, ses premiers amours, sa crise de la quarantaine, son goût pour les voyages ou son expérience professionnelle, dévoile, sans tabou, ses impressions, ses émotions et ses réflexions. En faisant partager un an de sa vie (son journal s'étale du 1er septembre 2015 au 31 août 2016), le mandataire public s'efface devant l'homme tout court. Ce livre est d'abord et avant tout celui d'un homme épris de liberté, refusant les simplismes du « politiquement correct » ou du populisme. Comprendre le monde dans lequel il évolue, partager sa richesse intérieure avec les autres, afin de toucher à une certaine universalité : ce sont les seuls objectifs que l'auteur s'est fixés. Réflexion, passion, humour, analyse, prise de distance pour le plus grand plaisir des lecteurs... EXTRAIT 23 novembre Apparemment, je ne me suis pas trompé... Depuis quelques jours, chaque leader politique, en Belgique comme en France, chaque célébrité y va de son commentaire sur les attentats de Paris. Et, bien évidemment, ne manque pas de proposer sa solution pour régler cette problématique complexe. Des moments de grande poésie, où l'on touche aux confins de la stratégie géopolitique et socioéconomique la plus subtile. Éric Zemmour, le nouveau philosophe de la droite, sorte de chaînon manquant entre les Républicains et le FN, a déclaré le plus sérieusement du monde qu'il fallait « bombarder Molenbeek », présentée comme le refuge mondial des djihadistes. Jan Jambon, le Ministre belge de l'Intérieur, connu pour son positionnement à la droite extrême, a affirmé qu'il allait « s'occuper personnellement de cette commune ». Donald Trump, lui, s'est déclaré favorable au retour de la torture, notamment par la simulation de la noyade (qui consiste à verser de l'eau sur un tissu qui obstrue le nez et la bouche du suspect). Même les « people » s'y mettent, Halliday affirmant que s'il n'était pas chanteur, il irait combattre l'EI. Toutes ces déclarations à l'emporte-pièce m'insupportent. Pierre Desprogres n'était pas loin de la vérité lorsqu'il déclarait : « Il vaut parfois mieux se taire et passer pour un con que de parler et de ne laisser aucun doute sur le sujet ». Puissent certains s'en inspirer. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE Au fil d'une année de réflexions, de commentaires, il se livre à la manière de l'ancienne Ministre et journaliste française, Françoise Giroux, après s'être remis en question et en mettant en avant les valeurs qui sont les siennes aujourd'hui. - Philippe Lorain, Vivacité RTBF À PROPOS DE L'AUTEUR Licencié en Journalisme et Communication et titulaire d'un Diplôme en Etudes Spécialisées en politique européenne, Sébastian Pirlot est Député-Maire depuis près de 15 ans. Elu successivement dans différents niveaux pouvoirs, il siège aujourd'hui à la Chambre des Représentants, plus particulièrement dans les Commissions « Défense nationale », « Suivi des opérations militaires à l'étranger » et « Achats militaires ». Il est également membre du Parlement consultatif BENELUX et de l'Assemblée interparlementaire de l'OTAN. Passionné de rugby et de culture des îles du Pacifique Sud, fan de tatouages tribaux, bourlingueur invétéré, il a parcouru de nombreux pays du globe. Féru de poésie et de littérature, il se définit comme un homme de centre-gauche, keynésien sur le plan économique, progressiste et libéral (au sens philosophique du terme). Et surtout, il aime être libre et « atypique »...

  • Dans l'exercice de leur métier, les chercheurs veulent repousser les frontières de la connaissance, explorer des régions jusque-là inconnues dans leur discipline. Pour cela, ils sont capables de développer des routines très complexes, des procédures très rigoureuses. Ils inventent des dispositifs d'expérimentation qui tournent à la perfection. Ils se démènent pour obtenir les précieux financements qui leur permettront de continuer leurs programmes. Ils siègent dans des conseils, donnent des cours, encadrent des thésards, communiquent dans les médias. Par passion pour la recherche, ils sont aussi capables de se mettre en danger, intellectuellement et même physiquement, de prendre des risques calculés pour démontrer une hypothèse, résoudre une équation ou un problème, prouver l'existence d'une particule ou d'une étoile ou déchiffrer un génome... ils arpentent les quatre coins du globe, fréquentent les grands fauves comme les redoutables bactéries, se laissent couler dans les abysses océanes ou s'élèvent dans la stratosphère, ou encore, avec un eurêka au bord des lèvres, s'immergent dans des calculs et des réflexions sans fin. Ce sont des savanturiers. Non, leur vie n'est pas toujours de tout repos. À l'occasion de l'Année Louvain de l'aventure scientifique (2016-2017), ce livre donne un aperçu de quelques-unes de leurs échappées. L'aventure est au coin de la science!

  • André Van Lysebeth, premier maître occidental du hatha yoga à avoir prodigué un enseignement de cette discipline durant de nombreuses années, nous ouvre les portes de cet art de vivre :
    - Des postures illustrées pas à pas
    - Les erreurs à éviter et les façons de les corriger
    - Les effets bénéfiques et les contre-indications pour chacune des postures
    - Des exercices pour apprendre à respirer convenablement : le prânayâma
    - Des conseils au quotidien pour choisir son alimentation et mieux digérer, s'endormir plus facilement, lutter contre le vieillissement...
    - Des principes de méditation et de relaxation
    Que vous soyez débutant ou adepte éclairé, vous trouverez les techniques yogiques détaillées pour mieux appréhender votre corps et accéder au bien-être.
    /> « Nous sommes tous des débutants. À chaque étape de son évolution, l'adepte doit revenir inlassablement aux principes essentiels, ceux-là mêmes qu'on enseigne aux néophytes. »

  • La découverte en 1990 de réseaux clandestins en Europe occidentale enflamma les spéculations et les fantasmes. Le « Gladio belge », à l'image de son homologue italien, était-il impliqué dans les actes de banditisme sauvage des années 80 ? Était-il vraiment chargé d'organiser dans le plus grand secret le départ de Belgique du gouvernement vers des lieux sûrs en cas d'occupation ? Avait-il participé à la « stratégie de la tension » pour favoriser l'instauration d'un régime autoritaire ? Avait-il partie liée à l'extrême droite ? L'après Gladio a accouché d'une méfiance quasi pathologique à l'égard des méthodes de renseignement. Le souci du politiquement correct, la peur d'être taxé de racisme, de xénophobie ou d'islamophobie ont bridé les capacités d'analyse et d'anticipation de nos services jusqu'il y a peu. Historien, chercheur et docteur en Philosophie et Lettres, Hervé Hasquin enseigna à l'Université libre de Bruxelles à partir de 1970 ; il en fut le recteur (1982-1986) et le président du Conseil d'administration (1986-1995). Parallèlement, il mena une carrière politique (sénateur, député, ministre) entre 1987 et 2007. Il a présidé l'Institut d'étude des religions et de la laïcité de l'ULB pendant de très nombreuses années, ainsi que le Centre de l'égalité des chances et la lutte contre le racisme (2008-2011). Il a été élu Secrétaire perpétuel de l'Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique à la fin de l'année 2007.

  • Le « printemps arabe » fut une surprise pour tous : les gouvernements des pays concernés, les observateurs étrangers, mais aussi les intellectuels arabes. Néanmoins, nombre d'entre eux avaient déjà inclus dans leurs oeuvres des scènes de révolte populaire, qu'elles soient fictives ou réelles, depuis l'époque coloniale jusqu'à cette fin d'année 2010, marquée par la révolution du jasmin à Tunis. Depuis, d'autres poètes, nouvellistes et romanciers ont pris la plume pour décrire à leur manière les différentes révoltes qui constituent ce fameux printemps, affrontant la difficulté de s'emparer d'un événement en cours, aux contours encore mal définis, qui par nature demanderait un temps de réflexion et de maturité pour en parler de la meilleure façon. Nous proposons ici une analyse de quelques-uns de ces textes, dus à des auteurs connus et moins connus, qu'ils soient d'Égypte, de Syrie, de Libye, du Qatar ou du Maroc. Xavier Luffin enseigne la langue et la littérature arabes à l'Université libre de Bruxelles. Il a traduit une douzaine de livres (romans, nouvelles, théâtre, poésie), essentiellement d'auteurs du monde arabe (Égypte, Liban, Soudan, Maroc, Tunisie, Palestine), mais aussi de Turquie et du Libéria. Il est également l'auteur de Religion et littérature arabe contemporaine. Quelques aspects critiques (2012).

  • Cette correspondance adressée à Emmanuel Boudot-Lamotte compose un ensemble singulier en raison de son destinataire et de sa durée - tout autant que de sa fragmentation. Peu connu du grand public, Emmanuel Boudot-Lamotte, dont nous ne possédons que les brouillons, est l'éditeur de Marguerite Yourcenar chez Gallimard - son principal interlocuteur - mais aussi un de ses amis. Grand voyageur, photographe, historien de l'art, il est aussi l'ami intime d'André Fraigneau, l'éditeur chez Grasset de Marguerite Yourcenar. En 1939, la guerre vient d'éclater en Europe. En septembre, Marguerite Yourcenar part pour l'Amérique donner des conférences et rejoindre sa compagne, Grace Frick. Cet "exil" américain marque un tournant dans leurs échanges : les premières lettres constituent un journal des choses vues de l'Amérique, où l'auteur prend le pas sur l'amie, avant le silence des années de guerre. Le dialogue est renoué en 1945. Éloignée de ce qui s'est déroulé en Europe, Marguerite Yourcenar n'en demeure pas moins attentive à la vie littéraire et au confort des infortunés. De nouveaux désirs d'ouvrages apparaissent : en tant que critique (L'Art français aux États-Unis), traducteur (Frederic Prokosch, Henry James, Edith Wharton, Negro Spirituals) et éditeur (elle conçoit un recueil de nouvelles américaines contemporaines). Il nous faut, à la lumière de cette correspondance, réviser notre perception des premières années américaines de Marguerite Yourcenar : ce bouillonnement prolifique et intellectuel marque un temps et un lieu de transition entre les premières oeuvres (Le Coup de grâce et Nouvelles orientales) et les grands textes à venir (Mémoires d'Hadrien, L'OEuvre au noir).

  • La Bible - qu'il s'agisse de l'Ancien ou du Nouveau Testaments -, et le Coran sont des textes qui ne cessent d'être évoqués de façon péremptoire, pour justifier ou discréditer des pensées et postures diverses. Tant de certitudes laissent le chercheur assez perplexe car c'est plutôt la prudence qui devrait prévaloir lorsqu'on étudie des textes d'une telle complexité. Ces lignes sont donc une invitation à prendre la mesure des difficultés que l'on rencontre (notamment méthodologiques) lorsqu'on travaille ces écrits réputés révélés. Elles sont aussi une façon de plaider en faveur d'une lecture critique des textes afin de favoriser l'esprit de tolérance entre des personnes qui les lisent différemment. Parmi les questions abordées : Qu'est-ce qu'un « canon » ? Qu'appelle-t-on un texte pseudépigraphe, apocryphe ou intertestamentaire ? Y-a-t-il une différence entre la lecture catholique et protestante de la Bible ? Pourquoi les chercheurs parlent-ils d'une source « Q » lorsqu'ils étudient les évangiles ? Que signifie le mot Coran ? Pourquoi l'islam attache-t-il tant d'importance au

  • Le tout social est plus lent, plus fragile, plus raciste, plus communautariste, plus délétère et plus inégal que les individus qui le constituent. Si les pères de la sociologie, Durkheim, Comte, avaient disposé d'un ordinateur à leur époque, voilà sans doute le type de sociologie informatisée qu'ils auraient préféré inventer pour analyser ces réalités. Hugues Bersini est professeur d'informatique et directeur du laboratoire d'intelligence artificielle à l'Université libre de Bruxelles. Ses travaux de recherche couvrent l'intelligence artificielle, la bioinformatique, le génie logiciel, les systèmes complexes et les sciences cognitives. Il est Membre de l'Académie royale de Belgique.

  • Au sortir de la seconde guerre mondiale, en 1945, Eugénie Droz fondait les Textes Littéraires Français, une collection dévolue à l'édition critique des textes significatifs du patrimoine littéraire de langue française du moyen âge au XXe siècle. Accessibles, dans un petit format maniable, chaque édition est accompagnée d'une introduction, de notes, d'un glossaire, si nécessaire, et d'index. Cet appareil critique exigeant accueille l'érudition des meilleurs spécialistes pour éclairer la genèse des oeuvres et, quelle que soit leur époque, livrer au lecteur contemporain les explications les plus minutieuses sur le contexte historique, culturel et linguistique qui les a vues naître. Depuis soixante-dix ans, la collection a accueilli, outre quelques édicules, plus de 600 monuments littéraires français.

  • Au sortir de la seconde guerre mondiale, en 1945, Eugénie Droz fondait les Textes Littéraires Français, une collection dévolue à l'édition critique des textes significatifs du patrimoine littéraire de langue française du moyen âge au XXe siècle. Accessibles, dans un petit format maniable, chaque édition est accompagnée d'une introduction, de notes, d'un glossaire, si nécessaire, et d'index. Cet appareil critique exigeant accueille l'érudition des meilleurs spécialistes pour éclairer la genèse des oeuvres et, quelle que soit leur époque, livrer au lecteur contemporain les explications les plus minutieuses sur le contexte historique, culturel et linguistique qui les a vues naître. Depuis soixante-dix ans, la collection a accueilli, outre quelques édicules, plus de 600 monuments littéraires français.

  • Comme la vapeur dégagée par un fer rouge plongé dans l'eau, la crise des années 2007-2013 constitue une immersion brutale dans le capitalisme anglo-saxon. Nos communautés latines traversent un profond changement de modèle touchant à la trame de leurs valeurs collectives. Serait-il envisageable qu'un filigrane réformé se dessine encore derrière ce modèle économique anglo-saxon que nous peinons à appréhender ? Les pratiques pastorales influenceraient-elles encore les prédispositions mentales par rapport à l'économie de marché ? Il n'est pas impossible que nos communautés latines, pourtant sécularisées, subissent aujourd'hui de lointains effets collatéraux de la Réforme qui les avait épargnées au XVIe siècle. Cette réflexion approfondit la thèse séminale de Max Weber à l'aune de la finance moderne. Bruno Colmant est ingénieur commercial et Docteur en Sciences de Gestion. Il enseigne l'économie appliquée dans plusieurs institutions universitaires belges et étrangères. Il est membre de la Classe de Technologie et Société de l'Académie royale de Belgique.

  • Les calottes glaciaires des régions polaires sont un témoin de la composition atmosphérique du passé. Elles s'étendent sur plus de 800 000 ans, âge des glaces les plus anciennes. Tenant compte des acquis les plus récents, ce livre s'intéresse essentiellement aux archives glaciaires récentes allant de la fin de la dernière période glaciaire à l'époque actuelle et à la compréhension des modifications de la composition atmosphérique liées aux activités humaines. Roland Souchez est Membre de l'Académie royale de Belgique. Il a été professeur ordinaire et Doyen de la Faculté des Sciences de l'Université libre de Bruxelles. Il s'est spécialisé en glaciologie isotopique. Il a reçu la Chaire Francqui à l'Université Catholique de Louvain où il a par ailleurs enseigné pendant deux années.

  • Le souhait des organisateurs de ce colloque a été de s'inscrire dans les commémorations de la Grande Guerre en tant qu'acteur contribuant à la réflexion et au débat. Sur les deux jours du colloque, les nombreuses communications de très grande qualité ont permis de nous éclairer sur le contexte de cette première guerre mondiale, les événements qui se sont déroulés dans la région de Charleroi, l'impact démographique de la guerre, la question de la faim et de la survie, le fonctionnement des industries de Charleroi, la vie syndicale, le regard des élites sur la guerre, la sortie de la guerre, la mémoire de ce conflit... L'approche est donc résolument pluridisciplinaire. Cette rencontre souligne l'intérêt des commémorations qui accomplissent un devoir de mémoire et servent aussi une action utile, tournée vers l'avenir. Pour les académiques, c'est une opportunité de dynamiser la recherche. Pour la société, c'est l'occasion de tirer des enseignements et de transmettre des valeurs.

  • L'individualisme est aujourd'hui une évidence partagée, à tel point que nous avons du mal à penser un avenir qui n'en constituerait pas un prolongement ou une modulation. Mais cette évidence a ses points aveugles, à commencer par le fait que l'individualisme constitue désormais une norme qui, paradoxalement, nous enjoint de nous affirmer librement. Surtout, l'individualisme constitue un modèle hétérogène : il a pris des formes très contrastées, et même franchement opposées, au cours des derniers siècles. L'objectif de ce livre est de rendre le lecteur sensible à ce contraste apparu après la Seconde Guerre mondiale, à partir du travail de deux sociologues, David Riesman et Paul Yonnet, qui ont en commun d'avoir aperçu la profonde dépendance à autrui qui caractérise l'individu contemporain. Vincent de Coorebyter est professeur de philosophie à l'Université libre de Bruxelles. Il est le président du CRISP (Centre de recherche et d'information socio-politiques), qu'il a dirigé pendant 15 ans. Spécialiste de Sartre et des questions de laïcité et de démocratie, il est membre de l'Académie royale de Belgique et codirige la revue Etudes sartriennes.

  • "L'oeuvre d'Hergé est inusable." Michel Serres "Depuis l'enfance, les aventures de Tintin n'ont cessé de m'accompagner. Je les ai lues tour à tour avec mes yeux d'enfant, d'adolescent et d'adulte (ou de ce qui ressemble à un adulte). Ce qui m'a toujours enchanté chez Tintin, c'est sa liberté : sans parents, sans enfants, sans fiancée, sans âge... M'ont plu aussi ses compagnons, tous fêlés... Haddock le colérique au grand coeur, Tournesol le sourdingue génial, les Dupondt, la Castafiore, Milou, et tous les autres... Lorsque l'on m'a demandé d'écrire un dictionnaire amoureux de Tintin, je l'avoue, j'ai hésité. La littérature autour des travaux d'Hergé est aujourd'hui considérable, à la mesure du succès de Tintin et de ses 250 millions d'album vendus dans le monde. Malgré tout, je me suis lancé pour très vite me rendre compte qu'il en était de cette oeuvre comme des poupées russes, qui déboitées les unes après les autres, révéleraient toujours une Matriochka insouçopnnée, qui elle-même en révélerait une autre plus surprenante encore, et cela, sans fin... Mon but, en alliant érudition et fantaisie, souvenirs personnels et références à l'imaginaire collectif, est d'intéresser à cette oeuvre aux aspects si divers, les lecteurs qui ne connaissent pas bien Tintin comme ceux qui l'apprécient. Quant aux Tintinophiles, je compte bien - ô vanité - les surprendre aussi en leur montrant des facettes insoupçonnées de l'oeuvre d'un des des plus grands artistes du XXe siècle."

  • L'hominisation, au regard de l'évolution darwinienne, comprend le développement anatomique et l'émergence de la conscience et de la créativité. Ses étapes essentielles portent sur des périodes qui ont vu l'éclosion de techniques qui, avec l'action de facteurs de l'environnement, ont influencé son évolution.
    La connaissance du code génétique a suscité la modification ciblée du génome. Cette transformation permet de créer des êtres porteurs d'attributs d'Homo sapiens et d'envisager l'évolution anthropique, objectif transhumaniste qui doit être subordonné à la conscience éthique de l'Humanité.

    Théophile Godfraind est Professeur émérite de Physiologie et de Pharmacologie de l'Université Catholique de Louvain et Editeur en Chef de Frontiers in Pharmacology. Il est Membre honoraire et Ancien Président de l'Académie royale de Médecine de Belgique, membre de l'Academia Europaea, de l'Académie Nationale de Médecine et de l'Académie Nationale de Pharmacie de France ainsi que Docteur Honoris causa de plusieurs Universités.

  • Nos sociétés semblent aujourd'hui se caractériser par deux évolutions : d'une part, elles vivent un extraordinaire développement des « techno-sciences » et, d'autre part, elles ont atteint un effarant niveau de complexité.
    Ces deux tendances conjuguent leurs effets pour conduire à une sorte d'effacement des responsabilités. Mais quelles responsabilités ? Celles, individuelles, du médecin, de l'élève, du consommateur ? Ou celles, collectives, des citoyens, des politiques, des États ? Et quels sont les impacts de ces constats dans les domaines technique, économique, juridique, politique ou éthique ?

    Philippe de Woot est juriste et économiste, Professeur à l'Université catholique de Louvain, Membre de l'Académie royale de Belgique et correspondant de l'Institut de France. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages prônant une réflexion morale sur l'innovation technologique et une orientation plus responsable des stratégies d'entreprises.

  • La laïcité paraît un concept entendu, évident et clair. A bien y regarder, pourtant, les enjeux liés à la laïcité jalonnent de manière polémique ce que l'on nomme couramment le « vivre ensemble » et empoisonnent régulièrement l'ensemble des débats consacrés de près ou de loin à l'intégration. La question peut légitimement se poser : la conception de laïcité qui est la nôtre est-elle pleinement adaptée aux enjeux de notre temps, marqués par des tensions identitaires de tous types, par la redéfinition des identités individuelles, par la complexification des rapports humains ? Il semble donc nécessaire de s'interroger sur l'avenir du concept de laïcité en des temps où le besoin d'une refondation se fait ressentir, en replaçant son émergence philosophique dans le cadre de la sécularisation dont l'histoire des idées est le témoin. A ce titre, il convient d'interroger la notion de liberté dans son application spécifique aux libertés fondamentales de conscience et de convictions. Il s'agira également de réfléchir la nature du sentiment religieux afin d'en extraire les éléments dynamiques permettant de comprendre la singularité des convictions liées aux appartenances cultuelles. Ceci permettra de déterminer les conditions d'une laïcité dynamique, axée sur les principes de la réciprocité et du métissage.

  • La figure d'Hergé, né Georges Remi (1907-1983), reste entourée de mystères. Benoît Mouchart et François Rivière dressent un portrait attachant de cet homme au tempérament insaisissable. Car, sous le graphisme lumineux de sa " comédie humaine ", l'humoriste a toujours intégré ses tourments les plus intimes. Ainsi, la folie, qui a fini par emporter sa mère, irradie l'oeuvre de celui qui, depuis son plus jeune âge, se réfugie dans le dessin. Alors que les premiers albums d'Hergé font de son jeune reporter le héraut moderne d'une Europe encore triomphante, le séisme de la Seconde Guerre mondiale va bouleverser sa vision du monde. Son premier mariage ne sera pas épargné par ce renversement de valeurs. À partir des années 1960, une nouvelle vie s'offre à lui avec Fanny, sa dernière compagne. Auprès de celle-ci, il cherche la sérénité, se passionnant pour le taoïsme et l'art contemporain. Les figures d'Hergé et de Tintin finissent alors par se confondre, dérobant aux yeux du public le véritable Georges Remi, que ce livre fait enfin apparaître. Ce livre est suivi d'un entretien inédit d'Hergé avec François Rivière.

  • Le 14 mars 2015, Amélie Nothomb était élue à l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique. Choisie notamment pour « l'importance de [son] oeuvre, son originalité et sa cohérence, son rayonnement international » comme le pointait Jacques de Decker, la romancière a été intronisée le 19 décembre 2015. Accueillie par Jacques de Decker, elle s'est livrée au traditionnel exercice du discours en rendant un vibrant hommage à son prédécesseur, l'écrivain et sinologue belge Simon Leys.

  • Et si nous nous trompions ? Et si les attentats-suicides n'avaient rien à voir avec la guerre ? Et s'ils n'avaient rien à voir avec la religion ? Et si, même, ils n'avaient rien à voir avec quelqu'idéologie que ce fût ? Que se passerait-il si, en réalité, ce dont les kamikazes se voulaient les terrifiants acteurs était une simple surenchère appartenant au domaine des images ? En posant cette question, retraçant l'arc courant des premières explosions-suicides à la fin du XIXe siècle, jusqu'aux attentats meurtriers de Paris, en passant par les kamikazes japonais ou les auteurs de la destruction du World Trade Center, à New York, le 11 septembre 2001, c'est toute une histoire du flash visuel provoqué par la détonation des bombes portées, ou conduites, par les terroristes de l'absolu qui se trouve rejouée avec brio par Laurent de Sutter. Une histoire qui rejoindrait celle des spectateurs des médias de la postmodernité, ne quittant leur apathie organisée qu'au moment où un show plus violent que les autres finit par leur rappeler que, quelque part, le réel les attend.

  • "Je n'ai jamais prétendu que danser sa vie excluait les faux pas." R. V." Le stade de délabrement auquel est arrivée une civilisation, bâtie par l'homme et contre lui-même, révèle l'imposture d'un système fondé sur l'inversion de l'homme et de la vie. Chacun est désormais amené à redécouvrir, avec sa spécificité d'être humain, un potentiel de création que la croyance à son statut d'esclave le dissuadait de revendiquer.
    Destin et destinée s'opposent. Version profane de la Providence, le destin, identifié au hasard, à la fatalité, à la nécessité, est inéluctable. La destinée, elle, met en oeuvre les capacités créatrices de l'homme en voie d'humanisation, la faculté de se créer en recréant le monde. À l'encontre des mécanismes du corps fonctionnel et rentabilisé, elle tend à privilégier le corps mû par une énergie vitale qui a été vampirisée pendant des siècles pour être transformée en force de travail.
    Construire sa destinée concrétise la réalité d'une vie authentique, s'émancipant de l'état de survie où elle végétait. Tout annonce une mutation de civilisation, une société où il nous appartiendra d'éradiquer les comportements prédateurs en établissant la prééminence de la vie et de la conscience humaine. "
    R. V.

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