Sélection Poésie

  • « La poésie m'a préparé à rencontrer le mystère de Dieu » écrivait le poète Serge Wellens. Oui, entre poésie et mystique, existent tant de correspondances au sens où l'entendait Baudelaire. La poésie est tout sauf un luxe. Substantielle, elle aide à vivre et celui qui l'écrit et ceux qui la lisent. En témoignent les poètes en temps de détresse : Desnos en France aussi bien qu'Anna Akhmatova en Russie ; des hommes et des femmes qui ont osé dire tout haut ce que tant d'autres souffraient tout bas. Défiant le pouvoir en place, ils ont souvent payé cher ce courage. Ne faut-il pas arracher la poésie à la tour d'ivoire dans laquelle on l'enferme, contre le gré de poètes souvent ? En parler sans jargon, avec des mots simples, afin de la rendre au grand public. C'est le projet de ce nouveau livre de Colette Nys-Mazure qui présente une sélection de ses poètes préférés.

  • Édition et traduction de l'anglais (États-Unis) par Marguerite Yourcenar "Le concert et le film ont familiarisé le public européen avec la musique des Negro Spirituals ; leurs paroles au contraire restent moins accessibles à l'auditeur de langue française, dépaysé, même s'il sait l'anglais, par ces formes dialectales propres aux nègres de États du Sud, ces mots anglo-saxons transformés et comme fondus par la voix chaude des hommes de couleur. Et cependant, ces textes, et pas seulement la musique qui les accompagne, sont souvent d'authentiques chefs-d'oeuvre. Dans ce patois si particulier, en dépit ou peut-être à cause des obstacles d'une langue étrangère, reçue de ses maîtres avec les premiers rudiments de l'esclavage, souvent nouvelle pour lui et imparfaitement apprise à l'époque où certains des grands Spirituals furent chantés pour la première fois, le poète aframéricain a réussi à exprimer, avec une intensité et une simplicité admirables, ses rêves et ceux de sa race, sa résignation, et plus secrètement sa révolte, ses profondes douleurs et ses simples joies, son obsession de la mort et son sens de Dieu." Marguerite Yourcenar.

  • Abreuvements nécessaires

    Olivier Vanderaa

    • M.e.o.
    • 1 Septembre 2015

    la terre. le ciel. l'immensité. & la chair. la chair palpite, appelle. la chair dicte ses conditions, intransigeante. & l'esprit s'y soumet. il nous faut aimer, mal, la plupart du temps, mais il le faut. Urgemment. Plonger dans ce monde des passions auxquelles on n'échappe pas, qui nous sont nécessaires pour avancer, jusqu'à la fin. Condamnés à nous en abreuver. Même si certains luttent toute leur vie pour s'en détacher, à grand renfort de dévotion. Les Abreuvements Nécessaires sont notre condition humaine, notre passage obligé, nos pulsions racines. Éros vs. Thanatos. Ce choix de textes centrés sur l'amour et le désamour, le désir, le sexe, la mystique, le désir de reproduction, avec l'évocation d'un cheminement vers la sagesse, le dépouillement, fait référence à ce monde-là, fragile, faillible, mais grouillant de vie, exaltant. (O.V.)
    Né en 1962, Olivier Vanderaa, poète slameur, participe à de nombreuses scènes ouvertes, tournois et festivals de poésie, avec pour thématiques récurrentes les chemins de vie, amour/désamour et fortune, anciens et nouveaux dieux, sexe, mort et renaissance. Il écrit également de la docu-poésie et des poèmes à deux voix. Depuis peu, il se produit sous une formule Spoken Word, Chambres Habitables.
    Il a également pratiqué la prise de son pour le film de fiction et le documentaire, la photographie en tant que langage plastique et l'exploration de contextes urbains à l'aide des Nouveaux Médias (Médias Locatifs).

  • Amour perdu

    William Cliff

    Quoi de plus doux pour apprendre quelqu'un / que de connaître son organe intime. Et le poète William Cliff de prendre le large, en skipper subtil, sur la grande mer des corps virils, d'aller, promeneur solitaire, narine aux vents et mains de sourcier, taillant la route des roideurs et des spasmes, cap sur les visages donnés et les élans offerts au détour de soudaines rencontres. S'engouffrant à perte de corps dans l'obscurité de certaines salles au fumet fétide, aux fauteuils défoncés, mais au voisinage délicieux, accostant aux bars de la nuit pour quelques contacts fugaces, à Philadelphie ou Viña del Mar, New York ou Bruxelles, William Cliff,?beau héros abreuvé d'abjection au fil de poèmes néoélisabéthains, ciselés et d'une délicatesse glorieuse, narre le membre frémissant de l'hôte d'un soir, les cuisses du louveteau, l'orteil de l'amant, les douces muqueuses : car dans la vie on aime que nous happent / certaines choses un peu dégoûtantes / qui nous font sortir de l'ennui ordinaire. Une quête des corps amoureux qui délivre de ce cafard qui encrasse les jours et dont le soleil, dieu de flamme qui sourit aux heureux et frappe ceux qu'il damne, ne nous délivre pas. Plus de vingt-cinq ans après son tombeau de Conrad Detrez, William Cliff fait retour au Dilettante pour un nouveau cahier de poèmes qui tente de prendre aux rets du mètre classique les fuyantes extases de l'amour masculin et de garder encore l'enfance d'un corps promis à la mort : Salut à toi, beauté, que la rue m'a fait voir !

  • "Par les cheveux de l'âme, il la tenait pendant qu'elle agitait en elle-même de vains projets de résistance, qu'elle se débattait en vains mouvements, en vains retours, en vains délacements, glissant malgré elle, glissant déjà presque tout entière suspendue, sans appui, au-dessus de la fosse du désir partagé." Henri Michaux.

  • Au lieu de suivre un tracé il prépare un décor le faut-il, le doit-il ?
    Il n'est pas à l'abri du Minuit car Minuit est à l'ordre du jour un rideau pour l'amour, un objet long pour l'échéance, il écrira - au féminin entre guillemets

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