Normand De Bellefeuille

  • Les écrits fêtent cette année leurs soixante ans. Cet anniversaire sera l'occasion de réitérer leur engagement envers les traditions et leur volonté farouche d'innovations, et ce en favorisant notamment la rencontre de jeunes auteurs et d'écrivains reconnus dans le but de mettre en lumière les passages d'une génération à l'autre. Honorant ce principe, le présent numéro réunit de jeunes poètes comme Nicholas Giguère, Guillaume Asselin, Frédéric Marcotte, Tanka G. Tremblay et des écrivains de renoms encore jeunes, comme Emmanuel Kattan et Elke de Rijcke, ou déjà riches d'une longue carrière, comme Normand de Bellefeuille, Monique Deland, Jean Pierre Girard, Hugues Corriveau, Jean Désy, et plusieurs autres. Ce numéro souligne aussi le quart de siècle de la `Pataphysique et met à l'honneur les oeuvres picturales d'Osvaldo Ramirez Castillo, entre autres.

  • Un numéro de revue ne se construit pas uniquement autour d'un thème, mais aussi à partir d'un ton ou d'une tonalité: d'une clé, comme disent les musiciens. Les textes rassemblés dans cette édition font entendre une certaine hauteur de notes où l'on ressent à la fois une sourde inquiétude, et une ironie grinçante, qui peut aller jusqu'au rire le plus lucide, le plus libérateur. Le portfolio de Christine Palmiéri côtoie ici la prose et les vers de Jean Daive, Alain Farah, Émile Martel, Patrick Chatelier, Normand de Bellefeuille, Marie-Pascale Huglo, Philippe Beck, Nicole Caligaris, Guy Beausoleil, Serge Lamothe, Kim Doré, Patrick Nicol, Jean-François Poupart, François Charron, François Rochon, Cristina Montescu, Jean Royer et Jacques Rancourt.

  • Le « Trou » est un thème à la fois banal et mystérieux. Paradoxal aussi, évoquant une absence nécessaire à l'émergence du sens. Que nous tombions dans un trou, que nous y trouvions refuge, que nous en redoutions la présence dans notre mémoire ou sur la voie pavée... Les nouvelliers Normand de Bellefeuille, Benoît Cayer, Hélène Fafard et Maude Poissant, pour ne nommer que ceux-ci, n'ont pu résister à son pouvoir d'attraction. Le numéro d'automne d'XYZ est aussi l'occasion de présenter le lauréat de son concours de nouvelle. Cette année, Johanne Renaud mérite cet honneur pour sa nouvelle Judith, tandis qu'une mention spéciale est décernée à La marionnette de Myriam Linguanotto. À lire aussi, un premier article d'une série de trois par Renald Bérubé sur l'histoire de la nouvelle aux États-Unis.

  • «As et quatre en trèfle, dame de coeur, sept de pique, dix de carreau. Cinq valeurs simples. Blanc. Le pire. Chance de devenir folle!» Il suffit parfois d'une mauvaise main pour remporter la mise... Avec intelligence, talent et surtout sensibilité, Normand de Bellefeuille nous invite à nous interroger sur le poids de l'héritage familial. À l'instar de son personnage de Simon qui lit toujours les livres comme s'il s'agissait du dernier, l'auteur a écrit ce roman pratiquement comme un ultime hommage à sa tribu. Rita, Fleurette, Alice et Gabrielle. Elles étaient quatre, les quatre femmes de la maison et il y avait lui, Simon, le dépositaire officiel de la mémoire du clan. Mais il y avait aussi Lascaux : la grotte, les bêtes, un voyage avorté le 20 avril 1963 et tout le cortège rituel rattaché à ce souvenir. Obsédé par cet épisode familial, Simon, auteur prolifique, descend dans sa « caverne» pour exorciser une enfance vécue sous le signe du bluff. Et la belle Raphaëlle, sa conjointe, sera là pour participer à sa façon à ce curieux exercice de réminiscence. Rien ne sera épargné, ni même la dégénérée Bobinette, la chatte de la famille, qui fera dire à Alice : « une chatte mentale dans une famille de mentals. Bout d'viarge que ça va mal ! » Mais déterrer les bêtes, déterrer le passé, c'est le danger de s'exposer à la corrosion du jour...

  • Le poème doit tisser des liens, ratisser large, retisser sans cesse la polysémie essentielle avec l'ensemble de la parole littéraire et artistique. La poésie doit aussi être à l'écoute de ses propres mécanismes, de ce qu'elle doit à une certaine forme de maîtrise, tout en demeurant consciente de ses imparables dérives.
    Voilà ce que cherche ce recueil : prouver que ce n'est qu'à ces conditions que le poème peut élaborer ce que le poète appelle une « théorie générale de la mélancolie ». Ici, le poème « réussi » est porteur de cette mélancolie qui seule est susceptible de réconcilier notre prétentieuse volonté de contrôle sur nos « matériaux » et notre difficile acceptation de ce qui nécessairement nous « échappera » en cours d'écriture.

  • Après «Le poème est une maison de long séjour», «Le poème est une maison de bord de mer» constitue le second volet de la trilogie «Catalogues affectueux». L'ensemble se veut une réflexion à la fois théorique et lyrique sur l'inscription de la parole poétique dans ce qu'il est convenu d'appeler très légèrement la biographie. Et cela aurait aussi pu être cyniquement intitulé «Tentative d'autobiographie poétique non-autorisée»... Ou alors, plus sérieusement «Pour une théorie générale de la mélancolie». Car le poème parlant est porteur de cette mélancolie sans doute seule susceptible de réconcilier notre prétentieuse volonté de contrôle sur nos matériaux et notre si difficile acceptation de ce qui nécessairement nous échappera - mieux : doit nous échapper en cours d'écriture.
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