Académie royale de Belgique

  • Les idées, les critiques, les fantasmes, espoirs et angoisses transhumanistes sont culturellement omniprésents. La notion centrale d'amélioration/augmentation des capacités humaines n'est pas neuve. Ce qui est nouveau et qui porte le transhumanisme est que de la médecine à la robotique, des biotechnologies aux sciences cognitives, des nanotechnosciences à l'astronautique, ces idées et fantasmes connaissent de plus en plus d'ébauches de concrétisation. Ce sont ces avancées technoscientifiques projetées comme à poursuivre indéfiniment dans l'avenir qui provoquent la réflexion philosophique, éthique, politique, et lui accordent du poids et du sérieux. Gilbert Hottois est professeur émérite de l'Université libre de Bruxelles. Il est Membre de l'Académie royale de Belgique ainsi que de l'Institut International de Philosophie. Professeur invité dans plusieurs universités d'Amérique du Nord et du Sud, d'Afrique et d'Europe, dont le Collège de France en 2003, il est l'auteur de plus de vingt livres et l'éditeur scientifique d'autant d'ouvrages collectifs, dont un dictionnaire et une encyclopédie de bioéthique.

  • L'hominisation, au regard de l'évolution darwinienne, comprend le développement anatomique et l'émergence de la conscience et de la créativité. Ses étapes essentielles portent sur des périodes qui ont vu l'éclosion de techniques qui, avec l'action de facteurs de l'environnement, ont influencé son évolution.
    La connaissance du code génétique a suscité la modification ciblée du génome. Cette transformation permet de créer des êtres porteurs d'attributs d'Homo sapiens et d'envisager l'évolution anthropique, objectif transhumaniste qui doit être subordonné à la conscience éthique de l'Humanité.

    Théophile Godfraind est Professeur émérite de Physiologie et de Pharmacologie de l'Université Catholique de Louvain et Editeur en Chef de Frontiers in Pharmacology. Il est Membre honoraire et Ancien Président de l'Académie royale de Médecine de Belgique, membre de l'Academia Europaea, de l'Académie Nationale de Médecine et de l'Académie Nationale de Pharmacie de France ainsi que Docteur Honoris causa de plusieurs Universités.

  • Les nouvelles technologies (internet, vidéo, dématérialisation,...) connaissent des développements accélérés qui vont amener les institutions culturelles à repenser en profondeur leurs activités. Le livre prend pour exemple le secteur du spectacle vivant et montre combien ces changements affectent tant la production que la diffusion des créations culturelles. Le succès de la diffusion des représentations du Metropolitan Opera dans un réseau mondial de cinémas en fournit un exemple flagrant. Ces bouleversements pourront parfois induire une redéfinition des critères de soutenabilité des projets culturels et imposeront en tout cas un réexamen de l'utilité des fonds investis, permettant l'émergence de nouvelles formes d'expression ou de nouveaux circuits de distribution.

    Après des études de droit et d'économie à l'Université libre de Bruxelles, Michel Hambersin mène de front une carrière bancaire internationale et de professeur de finance à l'ULB. Il poursuit en parallèle une activité de critique musical (sous le pseudonyme de Serge Martin), notamment au journal Le Soir. Membre de la Classe Technologie et Société depuis 2009, il consacre désormais ses recherches à l'économie de la culture.

  • La découverte en 1990 de réseaux clandestins en Europe occidentale enflamma les spéculations et les fantasmes. Le « Gladio belge », à l'image de son homologue italien, était-il impliqué dans les actes de banditisme sauvage des années 80 ? Était-il vraiment chargé d'organiser dans le plus grand secret le départ de Belgique du gouvernement vers des lieux sûrs en cas d'occupation ? Avait-il participé à la « stratégie de la tension » pour favoriser l'instauration d'un régime autoritaire ? Avait-il partie liée à l'extrême droite ? L'après Gladio a accouché d'une méfiance quasi pathologique à l'égard des méthodes de renseignement. Le souci du politiquement correct, la peur d'être taxé de racisme, de xénophobie ou d'islamophobie ont bridé les capacités d'analyse et d'anticipation de nos services jusqu'il y a peu. Historien, chercheur et docteur en Philosophie et Lettres, Hervé Hasquin enseigna à l'Université libre de Bruxelles à partir de 1970 ; il en fut le recteur (1982-1986) et le président du Conseil d'administration (1986-1995). Parallèlement, il mena une carrière politique (sénateur, député, ministre) entre 1987 et 2007. Il a présidé l'Institut d'étude des religions et de la laïcité de l'ULB pendant de très nombreuses années, ainsi que le Centre de l'égalité des chances et la lutte contre le racisme (2008-2011). Il a été élu Secrétaire perpétuel de l'Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique à la fin de l'année 2007.

  • L'accroissement de la population mondiale et sa concentration dans les villes conduit à une occupation excessive du sol par les constructions. La petite ville de 30 000 habitants pouvait encore raisonnablement se concevoir jusqu'à maintenant en constructions de 4 à 5 niveaux, mais elle consomme trop de territoire naturel ou agricole. La plus grande ville monocentrique aggrave encore la situation avec le coût de ses réseaux de toutes natures qui croît hors de toute proportion. La ville polycentrique composée de petites villes, où la majorité des biens et des services est produite et consommée localement, permet de maîtriser le coût de ses réseaux. Pour en libérer le sol, il est cependant nécessaire de construire en hauteur. Les progrès techniques et scientifiques de ces dernières décennies permettent, dès à présent, d'envisager chez nous de très hautes constructions, au même coût global (réseaux compris) que nos constructions actuelles, pour autant qu'elles soient regroupées de manière ordonnée, reliés entre elles par des réseaux portés par des ponts à 40 ou 50 m au-dessus du sol, pour former des petites villes verticales. Une nouvelle architecture de tours reste à concevoir avec des rues verticales éclairées et ventilées naturellement, offrant des perspectives et ponctuées par des placettes aériennes. Cette architecture peut parfaitement satisfaire les besoins de l'âme et de l'esprit, ainsi que nos sens et nos besoins physiologiques.

  • L'économie de marché est-elle juste ? Le juriste n'entend pas la question de la même façon que l'économiste et le philosophe. C'est peut-être un paradoxe mais il n'y a pas de théorie proprement juridique de la Justice, comme il en existe au sens de la philosophie morale ou de la science économique. Le droit, quant à lui, assure par les moyens qui lui sont propres la réalisation du système, dans la mesure où celle-ci peut en dépendre et où ces moyens présentent, par conséquent, une pertinence. Il corrige d'autre part les excès dont le système est susceptible, la notion d'excès supposant que tous les « habitants » du système, ses acteurs et ceux que sa réalisation est susceptible d'affecter, n'ont pas le même intérêt à cette dernière. En agissant de la sorte, le droit, dans les deux cas, oeuvre à la pérennité du système. Tel est son objectif et son effet, jusqu'à ce que le système soit, le cas échéant renversé, parce que l'objectif recherché aura été manqué. Il s'agit pour le droit de prévenir non seulement cette conséquence extrême, mais aussi l'enclenchement de dynamiques susceptibles d'y aboutir. Xavier Dieux est avocat au Barreau de Bruxelles, professeur à l'Université libre de Bruxelles, ancien Doyen de la Faculté de droit, membre de l'Académie royale de Belgique et membre honoraire de la Commission bancaire et financière.

  • La science économique aime à se présenter comme la plus rigoureuse des sciences humaines. La clarté des prémisses, l'usage intensif des mathématiques, la rigueur déductive des raisonnements, l'ampleur des modélisations semblent la rapprocher des sciences de la nature. Pourtant, certains de ses axiomes de base sont proprement invraisemblables et excluent toute espèce de validation empirique. Comment expliquer, dès lors, sa légitimité et sa diffusion planétaire ? Comment expliquer la force probante du récit qu'elle nous raconte et l'omniprésence du raisonnement économique dans la prise de décision politique ? Le présent ouvrage explore une piste d'interprétation trop souvent négligée : celle de la performativité. Et si l'économie ne cherchait pas tant à se conformer aux réalités du monde qu'à conformer ces réalités à ses propres propositions ? Par quels processus les théories que nous formulons sur le comportement des êtres humains peuvent-elles engendrer des effets conformes à nos théories ? Comment passe-t-on, quelquefois sans même s'en apercevoir, de la description à la prescription ? Membre de l'Académie royale de Belgique, Alain Eraly est ingénieur en gestion, docteur en sciences sociales et docteur en économie appliquée. Il est actuellement professeur à l'Université libre de Bruxelles où il enseigne la sociologie et la gestion.

  • La Belgique démocratique et sécularisée est un État laïque, même si le mot n'appartient pas à son vocabulaire constitutionnel. Faut-il corriger cette carence ainsi que le suggèrent des laïques soucieux de redéfinir la place et le rôle de la religion dans la vie publique ? Mais cette superfluité n'est-elle pas contreproductive tant l'expression est polysémique et source de confusion ? N'y a-t-il pas d'autres urgences ?

  • Même si elle est la règle fondatrice de l'état, la Constitution doit se penser ici et maintenant. La dénomination qui est la sienne est significative. Elle tend à préserver la stabilité de l'état. L'on met en garde contre l'usage d'appellations déviantes dans les communautés et régions ou dans l'Union européenne. L'écriture de la Constitution répond à des règles particulières. La rigidité qui caractérise la procédure de révision en Belgique est bienvenue. Elle n'a pas fait obstacle à l'instauration, depuis un demi-siècle, d'un régime fédéral de gouvernement. Professeur émérite et ancien doyen de la faculté de droit de l'Université catholique de Louvain, Francis Delpérée est membre de l'Académie royale de Belgique et de l'Institut de France. Il préside l'Académie internationale de droit constitutionnel. Il a été sénateur de 2004 à 2014. Depuis lors, il est député fédéral.

  • De 1988 à 1998, pendant une décennie, le débat européen s'est concentré sur la création et la mise en place de l'Union économique et monétaire, avec une monnaie unique : l'euro. Longtemps cette ambition ancienne parut hors de portée. La faiblesse du système monétaire précédent, le contexte international et la volonté politique ont néanmoins permis d'aboutir. Les décisions prises à cette époque exercent leur influence aujourd'hui dans notre vie quotidienne. Établir ce que disaient les acteurs, ce qu'ils pensaient peut-être, ce qu'ils espéraient, ce qu'ils ont dit depuis, mérite notre intérêt. Philippe de Schoutheete, diplomate belge, a été ambassadeur à Madrid, directeur général de la politique au ministère des Affaires étrangères puis représentant permanent auprès de l'Union européenne de 1987 à 1997. Il a participé à la rédaction du Rapport Tindemans, à la négociation de l'Acte unique et des Traités de Maastricht et d'Amsterdam. Il a été professeur à l'Université catholique de Louvain et au Collège d'Europe à Natolin. Il est membre de l'Académie royale de Belgique.

  • Maudit ou mal-aimé, Brasillach le Collaborateur fut un grand écrivain. C'est un fait. La vie, souvent inséparable de l'oeuvre, entraîne pas mal de scories, toujours idéologiques, parfois insupportables. Pourtant, des pans entiers de cette oeuvre méritent d'être sauvés de l'oubli. L'auteur compte parmi les plus grands critiques de sa génération ; il fut brillant essayiste, romancier de talent et diariste de génie : n'ayons pas peur des mots. Rendons-lui au moins cette justice-là. Membre de la Classe des Arts de l'Académie royale de Belgique, Pierre Somville a enseigné l'Esthétique et la Philosophie de l'art à l'Université de Liège de 1987 à 2007. Il est Secrétaire Général de l'Institut Royal d'Histoire de l'art et archéologie de Bruxelles (situé au Parc du Cinquantenaire, MRAH) depuis 2009. Auteur de nombreux ouvrages, dont des études sur Dürer, Memling et le Caravage (Derouaux, Liège).

  • La nation est une promesse de réalisation et d'unité. Elle réunit, par cet engagement implicite, les citoyens vers un narcissisme collectif qui sert, dans la foulée des cultes et des idéologies, à repeindre de sens un ciel métaphysique que l'homme perçoit de plus en plus vide au-dessus de lui. Mais dans le même temps, la nation se révèle être l'un des périls de la démocratie, car sa nature cachée est de réduire le monde à une expression homogène et à une continuité excluant le mouvement et la contingence ; la nature de la nation est de correspondre à la velléité de l'homme, terrifié devant le chaos du monde, de vouloir se fondre dans la totalité rassurante au risque de ne plus évoluer. Le danger inhérent à la nation consiste à se perdre dans le passé, dans l'identité et de promouvoir une idée de la pureté qui, par essence, peut tout broyer sur son passage, et qui refuse de voir l'utilité instrumentale de la démocratie comme outil de gestion d'une société. Tel est le postulat proposé dans ce petit ouvrage : le nationalisme est un amour illusionnel, forgé par une blessure incurable. François De Smet est docteur en philosophie et collabore au Centre de Théorie politique de l'Université Libre de Bruxelles ainsi qu'au Centre Interdisciplinaire d'Études des Religions et de la Laïcité (CIERL). Ses domaines de prédilection sont la philosophie politique, l'histoire des idées et les enjeux contemporains. Il est l'auteur de Vers une laïcité dynamique, paru aux éditions de l'Académie royale de Belgique.

  • L'énergie fossile a été hélas à la base de nombreuses guerres. En commençant par celle de 1914, en passant par le Traité de Versailles, l'émergence de la géopolitique grâce à l'intérêt des militaires, les besoins énergétiques de la guerre 40-45, les chocs pétroliers de années 70 et en finissant par les crises de l'Ukraine et l'Irak, ce livre montre comment la rareté énergétique a conduit à des tensions ou à des guerres. Pourtant, l'UE est devenue un havre de paix grâce à l'énergie. Aujourd'hui, l'abondance des énergies fossiles offre la possibilité tout à fait neuve d'utiliser l'énergie comme instrument pour apporter la paix et la sécurité sur terre. Pour tous. Fils de mineur, Samuele Furfari est ingénieur et docteur en sciences appliquées avec une thèse sur le charbon. Depuis plus de 32 ans il est fonctionnaire de la Commission européenne où il a toujours travaillé dans le domaine de la politique énergétique. Maître de Conférences à l'ULB où il enseigne la géopolitique de l'énergie, il est également un vulgarisateur de la politique énergétique et du développement durable.

    1 autre édition :

  • Ce que nous appelons « la » crise, celle qui a débuté en 2008, a sans doute plus que d'autres suscité cette question : l'économie de marché est-elle juste ? Ou, au contraire, porterait-elle en elle-même les inégalités, le chômage de masse, la pauvreté, en un mot, « l'horreur économique » ? Ce volume est le premier d'une série de six publications, faisant suite aux conférences organisées à l'Académie royale de Belgique, avec pour ambition de cultiver ce jardin du bien et du mal et de fournir à ses lecteurs une sorte de « boîte à outils » leur permettant de se forger leur propre opinion. Il pose la question de la vraie nature du marché. Dans certaines conditions, le marché peut arriver spontanément à un équilibre et cet équilibre a des propriétés étonnantes, notamment du point de vue de la justice sociale. Mais que signifient-elles vraiment ? Quels sont les critères de cette justice : au fond, qu'est-ce que la vie bonne, celle qui, dit-on, « mérite d'être pleurée » ? Jean-Pierre Hansen est ingénieur et économiste. Pendant plus de vingt ans, il a dirigé de grandes entreprises d'énergie et de services collectifs, actives en Europe et au grand international. Il préside ou est membre des conseils de sociétés industrielles et financières ainsi que d'organismes socioéconomiques. Membre de l'Académie royale de Belgique, il enseigne au Département d'Économie de l'École Polytechnique (Paris) et à l'Université catholique de Louvain.

  • Sans la technique et son fluide vital, l'énergie, notre vie ne serait plus possible. En trois siècles, des artisans et des savants, presque à leur insu, puis des ingénieurs et des scientifiques, méthodiquement, ont greffé durablement l'énergie dans le quotidien des hommes. Ils ont changé notre vie. Au risque même de la détruire. Pour mieux comprendre comment quelques personnages illustres ont ainsi façonné notre monde, il nous faut plonger dans leur histoire, partager leur questionnement, suivre le cheminement de leur pensée. Aujourd'hui, avec l'avènement de la « technoscience » et l'explosion et les succès de la R&D, les avancées de la science précèdent, déterminent et accompagnent la conception des machines. Le système ne va-t-il pas s'emballer ? Les interrogations et les inquiétudes du public, dépassé par la mutation, ont pris une grande extension. Évoquer les tribulations de la science et de la technique sur le chemin de l'énergie c'est donc aussi ouvrir un âpre débat sur les choix scientifiques et technologiques. Il n'est pas près de s'arrêter... Jean-Pol Poncelet, ingénieur civil physicien, ancien Ministre, est Membre de l'Académie royale de Belgique. Il s'intéresse à l'énergie, à la technologie et aux questions de société. Il est actuellement Directeur général de l'Organisation de l'industrie nucléaire européenne (Foratom) et Secrétaire général de la European Nuclear Society.

  • Après avoir, dans un premier temps, reposé le problème préalable et inévitable de l'idéologie célinienne dans un précédent ouvrage (Louis-Ferdinand Céline : mort et vif... !), Jacques Joset aborde désormais l'examen de ce qui fait de Céline un des plus grands écrivains français du XXe siècle : son écriture. à cet effet, l'auteur la compare d'abord au style de Marcel Proust, globalement considéré d'une manière dédaigneuse par l'auteur de Voyage au bout de la nuit, et en rassemblant ensuite les caractéristiques de l'écriture célinienne procurées par le Docteur Destouches à différents moments de sa vie littéraire. L'ouvrage est une tentative originale de comprendre les raisons de l'ébranlement produit dans les lettres françaises par l'écriture célinienne, encore timide dans Voyage au bout de la nuit (1932) et radicale dans les oeuvres de la trilogie allemande D'un château l'autre (1957), Nord (1960) et Rigodon (1969). Jacques Joset est philologue hispaniste et Professeur émérite de l'Université de Liège. Ses domaines de recherches sont la littérature espagnole médiévale et des Siècles d'Or, ainsi que la littérature hispano-américaine contemporaine. Il est membre de l'Académie royale de Belgique depuis 2012.

  • En 1939, les Alliés se lancèrent dans une course à la bombe atomique contre les Allemands. Après la guerre ces derniers prétendirent n'avoir pas travaillé à la bombe mais seulement à un réacteur nucléaire « pacifique ». Cette version moralisante fut dénoncée par les lettres secrètes de Niels Bohr à Werner Heisenberg à propos de leur rencontre à Copenhague en 1941. Ce rendez-vous, ainsi que trois autres, entre d'éminents participants à l'aventure atomique sont racontés ici dans une pièce de théâtre dont les actes sont successivement présentés dans une interview fictive de Margrethe Bohr à la BBC. Le physicien Amand Lucas, Professeur émérite des Universités de Liège et de Namur, est membre de l'Académie royale de Belgique (Classe des Sciences) et de l'Academia Europaea. Ses domaines de recherche et d'enseignement sont la physique de la matière condensée, la biologie structurale et l'histoire des sciences contemporaines. Il fut lauréat du Prix Francqui (1985) et du Prix Wernaers (2001).

  • Située au fond de la faille syro-africaine, la mer Morte a été un objet de convoitise depuis la plus haute antiquité. Les réserves de produits chimiques qu'elle recèle sont aujourd'hui mises en valeur par une société israélienne et une société jordanienne, aussi étroitement liées que des soeurs siamoises. Comment ce site a-t-il été formé ? Qui a découvert le procédé d'exploitation ? Le procédé est-il viable ? Peut-on lui associer un procédé de production d'eau potable ? Que deviendra ce site à long terme ? Docteur en Sciences Appliquées (ULB), Samuël J. Wajc a enseigné les cours de Génie Chimique à la Vrije Universiteit Brussel jusqu'en 1988. Il a alors réorienté sa carrière vers l'industrie et, en tant qu'ingénieur principal du centre de recherches de Israël Chemicals, a pu contribuer à l'amélioration de plusieurs procédés de production, dans des domaines variés. Il est Associé de l'Académie royale de Belgique.

  • En promulgant l'acte d'émancipation des serfs en 1861, le tzar Alexandre II traduisait une volonté ferme de moderniser les structures sociales et politiques de l'Empire pour se rapprocher d'une « Europe européenne ». Mais c'était sans en mesurer pleinement les conséquences, étonnemment contradictoires. À court terme, la condition paysanne fut aggravée car l'émancipation ne portait pas sur la propriété des terres. Mais à long terme, à côté d'une minorité prospère, s'est constitué un prolétariat paysan, nourri par un essor démographique sans précédent. à la recherche de nouvelles terres, ce prolétariat n'eut d'autre choix que le chemin de l'exode rural. Ainsi, participa-t-il aux bases d'une Russie moderne, peuplant les contrées les plus reculées de la Sibérie et nourrissant à la sueur de son front les bassins industriels russes jusqu'à la Première Guerre mondiale. Au travers d'archives et d'écrits littéraires comme ceux de Tolstoï, ce livre nous invite à découvrir cette formidable révolution politique, économique et sociale. Docteur habilitée à diriger des recherches, Catherine de Montlibert-Dumoulin, est rattachée à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales, Centre d'études des modes d'industrialisation (EHESS/CEMI). Elle anime un séminaire qui est consacré aux Ruptures et Continuités dans la sphère étatique russe (1861 à 1998).

  • La Bible - qu'il s'agisse de l'Ancien ou du Nouveau Testaments -, et le Coran sont des textes qui ne cessent d'être évoqués de façon péremptoire, pour justifier ou discréditer des pensées et postures diverses. Tant de certitudes laissent le chercheur assez perplexe car c'est plutôt la prudence qui devrait prévaloir lorsqu'on étudie des textes d'une telle complexité. Ces lignes sont donc une invitation à prendre la mesure des difficultés que l'on rencontre (notamment méthodologiques) lorsqu'on travaille ces écrits réputés révélés. Elles sont aussi une façon de plaider en faveur d'une lecture critique des textes afin de favoriser l'esprit de tolérance entre des personnes qui les lisent différemment. Parmi les questions abordées : Qu'est-ce qu'un « canon » ? Qu'appelle-t-on un texte pseudépigraphe, apocryphe ou intertestamentaire ? Y-a-t-il une différence entre la lecture catholique et protestante de la Bible ? Pourquoi les chercheurs parlent-ils d'une source « Q » lorsqu'ils étudient les évangiles ? Que signifie le mot Coran ? Pourquoi l'islam attache-t-il tant d'importance au

  • Les Iraniennes sont aujourd'hui reléguées dans une position de citoyennes de deuxièmezone, dans laquelle elles essaient de survivre et de modifier leur situation, certesnon sans ambiguïté. Cet ouvrage se penche sur la complexité et les paradoxes deleur situation en allant au delà des apparences. Il montre que leur quotidien est nonseulement conditionné par le cadre religieux mais aussi par le patriarcat, l'appartenancede classe, les objectifs étatiques voire les positionnements identitaires face à lamodernité. Il permet de questionner la réalité de leur émancipation et d'évaluer dansquelle mesure elles peuvent être considérées comme des vecteurs de changement.

  • Un pied dans la tradition, l'autre dans la modernité, la France des Lumières développa de la Chine une vision particulière, parfois dérangeante, qui nous éclaire sur les conditions dans lesquelles l'Occident pense l'Autre, et l'ailleurs. Si le contexte a changé, les modalités selon lesquelles la Chine fut perçue au XVIIIe siècle n'en retiennent pas moins, à l'occasion, notre regard, comme le font les miroirs. Docteur en philosophie et lettres de l'Université libre de Bruxelles, Christophe Van Staen est chercheur à l'Université de Shanghai, Jiao Tong (SJTU). Il a publié de nombreux travaux sur Rousseau et les Lumières.

  • Considérée par certains observateurs comme relativement mineure dans la production de Pierre Boulez, Messagesquisse nous semble au contraire riche à bien des égards. D'abord parce qu'elle anticipe, dans une dimension purement acoustique, les préoccupations que le compositeur français aura quelques années plus tard dans le domaine de la musique mixte. Ensuite parce qu'elle s'impose comme une véritable étude sur les rapports étroits que peuvent entretenir le matériau, le temps et l'espace.
    Pierre Boulez décrit, en partie, le projet de la pièce au travers de son titre : « Avec ce mot-valise, j'ai voulu offrir un témoignage de mon amitié envers Paul Sacher : l'oeuvre renferme des messages qui lui sont adressés personnellement et sont codés de façon symbolique, comme dans une esquisse ». Mais quels sont ces codes symboliques ? Comment fonctionnent-ils, comment sont-ils musicalisés et comment agissent-ils sur notre perception ? C'est à ces quelques questions que cet ouvrage se propose de répondre.
    Jean-Marie Rens est compositeur et professeur d'analyse musicale au conservatoire royal de Liège. Il est l'auteur de plusieurs écrits publiés, entre autres, aux éditions Mardaga, l'Harmattan et Delatour France. Parmi sa discographie, signalons deux CD monographiques qui reprennent des oeuvres pour orchestre, choeur, musique de chambre et solistes (Cyprès-records).

  • Un écart de comportement dans l'intimité d'une chambre d'hôtel peut, de nos jours, déclencher quasi instantanément un cyclone médiatique planétaire. Ce qui restera dans l'Histoire de cette « affaire DSK » n'est pas seulement la chute d'un homme mais aussi la particularité d'un système judiciaire aux yeux duquel il ne s'agit pas d'invoquer un quelconque régime d'exception. Le choc produit dans les mentalités relevait surtout de la sévérité d'une procédure qui, frappant un Européen, était perçue par l'opinion sur cette rive de l'Atlantique comme l'affirmation insolente, voire agressive, d'une conception de la justice. Mettant en présence les jurisprudences belges, françaises et américaines, Jean de Codt montre clairement combien la perception du délit peut différer d'une société et d'une tradition à l'autre. Il ne tire pas de cet exercice ni rejet radical ni approbation affichée de l'une ou de l'autre ; il lui arrive par contre de préconiser, en historien du droit qu'il est, un retour aux sources. Ancien substitut du procureur du Roi à Bruxelles et substitut du procureur général près la cour d'appel de Bruxelles, Jean de Codt a été nommé, depuis le 20 mai 1997, conseiller à la Cour de cassation de Belgique puis président de la chambre pénale de la Cour. Il enseigne également aux Facultés universitaires Saint Louis, à l'École régionale et intercommunale de police et à la Haute École Paul-Henri Spaak. Enfin, il est également vice-président à la Cour de Justice Bénélux et président de la chambre française du Conseil national de discipline de l'ordre judiciaire.

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